"Putain de perceuse de merde.
Putain de PERCEUSE DE MERDE!!! Ca fait deux jours que ça dure... Ils refont la façade de l'immeuble. Moi j'ai plutôt l'impression qu'ils refont la façade de mon étage. Y'a plus de répit. Le bruit est tellement fort, insupportable, que les travaux qui se déroulent sur mon balcon, je les imagine parfaitement au creux de mon oreille. Un petit schtroumpf catalan qui te perce le tympan et qui en plus de ça, fait de la poussière.
Mais merde ils tapent à la fenêtre où quoi?! Manquerait plus que je me lève tiens. La dernière fois c'était Rafael qui s'était tapé la besogne: notre linge qui séchait paisiblement à l'air frais les dérangeaient pour les travaux. Ils ont rien dit pour la caverne à ganja, c'est déjà ca. Je me lèverai pas, pas la peine d'insister! J'ai le volet baissé et la fenêtre verrouillée, qui pourrait croire qu'une petite française tente de dormir, au chaud sous sa couette? Personne. Alors arrêtez de frappez s'il vous plait. Voila, merci. Comme si j'allais sortir de mon lit, quasi a poil, avec ma tête de SSF (sans sommeil fixe). Comme si j'allais ouvrir ma fenêtre, me prendre toute la lumière dans la tronche, lui adresser un grand sourire et lui dire "mais bien sûr que je vais enlever mon linge de la terrasse! Ca m'enchanterait. D'ailleurs j'ai toujours rêvé de faire ça tiens." (Rectification, c'est pas mon linge en fait. Raison de plus pour les envoyer bouler.) Et puis merde! L'immeuble a au moins 10 étages, ils pourraient pas s'attaquer à un autre, où il y a des vrais gens, je veux dire des gens en forme, qui sont réveillés depuis ce matin? Est-il nécessaire de lui dire qu'à 11h45, certaines personnes sont dans un état de sommeil profond (sommeil qu'ils ont recherché toute la nuit, en vain?) PUTAIN DE PERCEUSES DE MERDE! Elles sont deux maintenant, elles chantent à l'unisson ou en canon, ce qui est pire ca il n'y a jamais de pause et t'as l'impression que ce joli cirque de troustrous ne va plus finir. Un répit! Je les entends crier en catalan dehors, mais c'est un peu moins bruyant que leur attirail performant de perforation. Je pensais que depuis 8heures, ma soirée était terminée, ENFIN TERMINEE, que ce calvaire de poisses avait pris fin au moment où Rafael m'a retrouvée à dormir sur le canapé. Une petite pensée pour cette nuit dans la tente, où mon sac de couchage avait été taxé injustement et où j'ai du dormir dans le trou à gauche, là où il y a une fuite et où il pleut. Mais imaginez-vous un peu. Il est presque six heures du matin. Carole et vous errez sur la Gran Via à la recherche de votre propre domicile. Vous savez que vous êtes dans la bonne rue. Vous savez que vous ne savez pas du tout à quel niveau de l'avenue se situe votre appartement. Or vous savez egalement que cette Gran via est énorme, et qu'en fait elle traverse approximativement tout Barcelone. Vous êtes sorties du bus de nuit en catastrophe. On vous avait pourtant indiqué le chemin pour rentrer, l'arrêt auquel s'arrêter (pléonasme) pour rentrer au plus vite chez vous. Seulement voilà, les bus de nuit roulent vitent. La nuit, tous les panneaux de circulation sont gris. Et les noms d'arrêts aussi. vous les voyez défiler sans jamais réussir à lire ce qu'il y a marqué dessus. Vous êtes perdu dans votre propre rue. L'Autre vous parle, vous raconte sa vie de serveur dans un restau. Il vous propose d'ailleurs de bosser là-bas. L'Autre a un prénom, Joeffroy. Il est sympa le Joeffroy. Quand il est monté dans le bus, vous avez un peu ri avec Carole : il courait derrière pour le rattraper, et finalement il l'a eu. Finalement il s'est posé sur le siège devant vous; et a commencé a se retourner et à vous regarder fixement avec des petits sourires et des langages de signes. Vous en riez : a Barcelone, tout le monde sourit.Et puis vous vous dites que la galère est presque finie (vous vous trompez). Finalement le type se met à parler, c'est bien votre veine, il s'adresse à vous en français. En fait pour résumer, vous avez parlé de la situation en français, sorti un truc du genre « y'a de ces gens dans cette ville », et vous vous sentez bête, parce qu'en fait le « gens » comprenait tout. Mine de rien, il a apprécié votre réaction. « J'avais envie d'écouter vos réactions, voir si j'allais être considéré comme un psychopathe ou bien comme un mec un peu bizarre mais sympa rencontré dans un bus à 6 heures du mat. En tout cas vous êtes des filles biens. Vous avez pas eu de préjugés, vous vous êtes pas indignées. Vous avez juste ri. Merci. » Ca fait quatre mois et demi qu'il est ici. Le reste je me souviens pas trop, c'est assez flou. Je me souviens surtout qu'il nous parlait et que tout en l'écoutant, je scrutais les commerces de la Gran via, en cherchant desespérement un repère. « Moi je descends ici, »qu'il nous dit. Nous aussi on va descendre là. Parce qu'on s'est rendues compte qu'on était parties trop loin dans la rue. Va falloir se taper le chemin en sens inverse. Quelques salutations, un numéro échangé, et nous évaluons le temps que nous mettrons à rentrer. La porte indiquait 1108. Un chiffre pair. Premier point, on n'était pas du bon côté de l'Avenue. Deuxième point, on avait une centaine de pâtés de maisons (gros les pâtés en plus) à se farcir à pied. Avec ce qui c'était passé avant, j'aurais pu tirer la tronche. Mais finalement non, c'est toujours mieux de le prendre à la rigolade. Et puis c'est rigolo comme situation. Après tout. Perdues dans votre propre rue. Toi, tu es accompagnée par Carole, et Carole en vérité, c'est ta voisine. Pas ta voisine d'appart à Barcelone, non non. Ta voisine, en FRANCE. A STRASBOURG. Tu l'as rencontrée ce soir-là, dans ton salon (merci couchsurfing) et ce soir-là, tu t'es rendue compte qu'elle habitait à 10 mètres de chez toi. El mundo es un panuelo. Il fallait qu'on soit toutes les deux à Barcelone pour se rencontrer. Je trouve ça assez funky. Bref, elle est marrante la situation. Et puis tu te dis que pour le moment, il n'y a rien eu de pire. T'aurais pu perdre tes clés, et pas pouvoir rentrer. L'ascenseur aurait pu être bloqué et tu l'aurais mauvaise, parce que t'es au septième étage quand même. Ou bien t'aurais pu rester bloquer dans l'ascenseur, et l'avoir mauvaise aussi. Arrivé au sixième, toujours pas de problème. Tu as hâte de te réfugier dans ton lit, de te blottir contre ton Rafael, qui lui a été plus sage et a préféré ne pas sortir. Tu ouvres la porte de l'appart, tu installes un peu Carole dans le salon. Tu te diriges vers la porte de ta chambre. Enfin un bon gros dodo. Il est à peu près cinq heures et demie. Tu appuies sur la poignée. Tu pousses. Tu pousses encore, tu réappuis sur la poignée. Mais rien à faire, la porte ne s'ouvre pas. Il a oublié de dévérouiller le loquet de l'intérieur, et toi, tu es là comme une con, plantée devant la porte de ta propre chambre, sachant qu'un lit avec une place qui t'es destinée se trouve de l'autre coté et t'attends, mais tu ne peux pas y accéder, a cause de ce verrou de merde. Il reste encore une solution, tu espères que la fenêtre soit ouverte. Tu pars au salon, tu sors sur le balcon, et tu vas jusqu'à l'accès de ta chambre. Bonne nouvelle, les volets ne sont pas baissés. Mauvaise nouvelle, la porte fenetre est bien vérouillée. Et dans l'obscurité, tu distingues la silhouette de ton homme étalée sur le lit. Et merde. Tu essayes de toquer un peu à la fenetre. Mais ca ne sert à rien. Et puis t'as pas trop envie de le réveiller. Tu t'es tirée en rat pour sortir, faire la fête sans lui, lui qui bosse dur le lendemain et qui doit madrugar. T'as pas vraiment envie de le réveiller a cinq heures... Bref d'un coup, tu sais pas pourquoi, mais une envie soudaine te prends de te servir une tasse (car les bols n'existent pas dans cet appart) de sous-marque de Chocapics. Un peu de réconfort... Tu la dégustes ta tasse, et en même temps tu cherches un stylo pour écrire un mot à glisser sous la porte. «SI TU ME VOIS ETALEE SUR LE CANAPE DEMAIN EN TE LEVANT, C'EST TOUT A FAIT NORMAL. JAI ESSAYE DE PASSER PAR LA FENETRE MAIS ELLE ETAIT FERMEE! BEN « JODER » ALORS ^^ M'EN FOUS JE TAIME QUAND MEME. J ESPERE QUE TAS BIEN DORMI AU MOINS! » Tu finis les derniers chocapics et tu glisses le mot sous la porte. Il te reste plus qu'à dormir a l'arrache sur le canap. Quelques heures plus tard tu entends un rire, tu ouvres les yeux, et là, petit sourire attendri. (Il est beau quand il a un petit sourire attendri).
« T'aurais du me réveiller.
J'ai essayé.
T'aurais du essayer une deuxième fois.
J'aime pas insister. Tu bosses a quelle heure?
J'ai encore du temps. Tu veux pas dormir dans le lit? Tu as sommeil?
Un ptit peu en fait, quand même...
Bruit de porte qui s'ouvre. Pablin accompagnée par sa bovine de suédoise. Difficile de pas lui lancer un regard haineux. Petites salutations, ils partent se coucher.
T'as vu, je t'avais dit qu'elle avait l'air d'une vache.
C'est plutôt vrai... Mais elle est aussi abrutie que ce que tu me racontes?
Mh... J'ai tourné les choses à ma manière, elle m'a énervée avec ses cheveux blonds, j'ai été un peu dure. Mais avoue que c'est une vache. Tu sais, quand je lui ai parlé en face, j'ai du me retenir de rire quand j'ai capté qu'elle avait un septum dans le nez... J'ai trouvé ca trop énorme. Il lui manque plus que l'étiquette dans l'oreille.
C'est vrai qu'elle m'avait énervée celle-là. Elle y était vraiment pour rien en plus, la pauvrette. Parfois quand tu l'as un peu mauvaise, t'as besoin d'un bouc émissaire. T'es posé là dans cette boîte de nuit, a coté de Carole et vous regardez les gens tortiller du cul. Vous vous enmerdez à un point pas possible. La musique housecaca vous bourrine les oreilles, les deux bières que vous avez accumulées durant cette soirée sans manger vous donne légèrement le tourni, et surtout une bonne gerbe. Ca fait depuis 22h que vous faites la tournée des bars, c'était bien sympa, mais là vous vous êtes fait embarquées dans une boîte ultra select (dans laquelle vous avez réussi a rentrer par miracle), et vous vous enmerdez bien depuis une heure et demie. Comme dans les sketchs de Gad Elmaleh, les gens se la pètent avec leur conso, ils se baladent avec sans la boire, histoire de bien la montrer. Faut dire, une bière à 6 euros, ca se rentabilise. Quand même un minimum. J'y ai pas cru au début quand Tony m'a dit qu'elle était a ce prix là. Il m'a dit « demande à la barmaid, tu verras bien! » Ce que j'ai fait, et j'ai bien vu. « FUCKING 6 EUROS BEER. » qu'il répète le Tony. Je l'aime bien lui. Il est de Madrid, et il fait vraiment rire. Tout à l'heure à la Plaza Reial, il nous a raconté ses galères de moustiques. Figurez-vous qu'un jour il a voulu faire son hippie, il est partie de l'Andalousie en camtar avec un groupe de musique jusqu'en Hollande (bizarrement je m'attendais à ce point d'arrivée), ils ont mis un mois, et c'était bien le pire qu'il ait passé de toute sa vie. Il s'est fait bouffer par les moustiques. « I mean... My back was like ....a ....a tortilla! » qu'il nous explique. Pas de chance héhé. Il se retrouve à la mer, tout heureux de pouvoir se rafraichir, il se balance de la flotte sur le visage. Et là il crie. Et sa paupière devient grosse, rose, énorme. Saloperie de méduses. Avec son steack a la place de l'oeil et sa tortilla à la place du dos, il était plutôt pas en forme le pauvre petit. Mais quand il m'a raconté ça, moi j'étais morte de rire. On est là à se faire chier dans cette boîte de nuit VIP de merde, mais au moins il est là pour faire rigoler. Et parfois il s'eclipse pour aller draguer. Mais j'aime bien le regarder à l'action, on fait des paris avec Carole, c'est rigolo. Bref. La blondasse est devant moi, elle gigote et fait bouger ses cheveux car le mouvement de ses épaules accompagne son rire niais. Tout est niais chez elle, je lui ai pas parlé mais je peux pas me l'encadrer. C'est con mais quand t'as plus l'habitude de boire et que tu bois un petit peu a jeun, tu peux être devenir cynique et surtout méchant. Enfin j'ai quand même mes raisons pour pas me l'encadrer. On est ici à cause d'elle. On reste ici à cause d'elle. En gros le groupe sortira de la boite quand elle se motivera a bouger ses fesses de ce lieu un peu trop huppé à mon goût. Elle parle à Pablin, à Tony, sourit de façon niaise comme toujours. On me l'a pas présentée et c'est tant mieux. Moi j'm'en fous, ils boivent leur bière à six euros, et moi jsors ma boite de Chiquilin a 90 centimes que je me suis payée dans un équivalent du Norma. C'est comme des ptits écoliers, sauf qu'il y a du chocolat blanc et du chocolat au lait. Avec Carole on trinque au Chiquilin : c'est nous les VIP ce soir. On a de quoi manger, et eux seulement de quoi boire. Bouarf on commence sérieusement à se les geler par ici (on était sur une sorte de terrasse, c'était en plein air, mais il y avait quand même de la musique de merde.) Rire de blondasse. De deux blondasses (oui, Heidi s'est ramenée avec Gretel). Je commence sérieusement à m'impatienter, j'ai sommeil, mal au crâne, une envie de vomir assez présente et je sature de musique et de gens qui tortillent des fesses. Finalement, on finit par sortir (miracle!). On se retrouve à l'éxtérieur. La blondasse se paye une bière à un euro (y'a des gens qui achetent des packs de biere et qui vous les revende fraiches dans la rue). Quelle bonne idée, c'est vrai qu'en fait ca revient moins cher de se payer six bières à six euros plutôt qu'un à six! De toute façon elle s'est payée les deux. Tony nous disait « On va à la plage, et j'vous paye 40 bières pour 40 euros si vous voulez! Mais là la bière a 6 euros, non ca va pas quoi. » Elle m'a encore plus énervée la blondasse. Elle a ouvert sa bière, dirigeant le trou de la canette vers ma propre personne. Résultat, une bonne douche qui sent le Houblon! « Oooooh perdon perdon losientosorryimsorry ». Tu gromèles un No problem. Cette fois tu vas être obligée de lui parler. Tu prépares à afficher ton faux sourire sincère, qui n'a plus servi depuis longtemps. T'as des crampes aux zygomatiques pendant qu'on te la présente. En lui faisant la bise tu captes qu'elle a un septum dans le nez, et t'as envie de rire. En fait cette fille c'est un mélange entre Babe et une vache laitière. Tu gardes ton sourire crispé, mais tu lui parles pas, faut pas déconner. La blondasse finit quand même par sentir la tension, elle parle à personne et Carole et toi vous êtes là, silencieuses, en mode poteaux. Alors elle commence à vouloir briser la glace, avec une question à la con, qui n'engendrera absolument aucune conversation. Juste une vague réponse, et puis le silence. « What do you think about Swedish boys? » Ils m'attirent pas du tout. Je préfère les Sudistes, les méditerranéens. Mais ceux que je préfère c'est les sudaméricains. Point. Fin de la discussion ô combien intéressante! Gros blanc, elle sait pas où se foutre, et j'adore en fait. Je me rends compte que l'alcool même à très petite dose me rend mauvaise. En même temps, il faut bien avoir ses jours où on se permet de faire sa chieuse, discretement mais quand même! Pablin se tourne vers Carole et moi. « Heum... Je vais chez Tony; avec les deux suédoises (tiens donc! Je ne veux pas en savoir plus huhu) vous faites quoi vous? »
On va rentrer bien sûr! On attend ça avec impatience. Il nous explique le chemin, le bus à prendre, la station où s'arrêter. La suite vous la connaissez. Pourtant au début c'était vraiment sympa, enjoué; marrant. J'ai vraiment apprécié. On avait commencé par un bar ou j'étais déjà allée le mois avant; on était mercredi soir et c'etait la JAZZ JAM SESSION. On était partis, Pablin Carole et moi et dans le bar on a rencontré Tony, et un allemand que j'avais connu à un pique nique barbecue (on avait même improvisé un morceau de reggae, avec des rastafari jah bless à tout va). Bref les deux, je les aime bien et les rencontrer ce soir là, ca m'a fait bien plaisir. On me met en garde; ici c'est plein à craquer de lesbiennes, je dois faire attention à mon fondement. D'ailleurs à peine me dit-on ça qu'une vieille peau passe derrière moi en me prenant par la taille et en me murmurant « perdon hermosa linda mia ». Je cartonne! On a bien papoté, de tout de rien. L'Allemand me demande si à mon avis, la fille aux cheveux longs et aux gros seins est la mère des deux filles aux cheveux courts et aux petites poitrines. C'est son fantasme. « c'est pas possible, regarde là. Y'en a pour deux. Voire pour trois. » J'avoue que la taille était assez impressionnante. On a bien ri dans ce bar. A imaginer un remake de shining, où une petite française se retrouve dans une colloc a Barcelone. Son compagnon est tout le temps en train d'écrire, et écoutant du Heavy Metal. Dans un coin de l'appart, Julian remue l'index en murmurant Tonyyyy Tonyyyyy. Et Pablin et Pablo en jumelles dans le couloir. Et Rafael sur une trotinette rouge. Mouhahaha. N'importe quoi! On sort rapidement du bar, car la soirée ne fait que commencer (et qu'est ce qu'elle a pu durer, mon dieu.). On commence à se balader, on veut aller dans un bar près des anciennes Ramblas, mais il est vide. Alors on marche en attendant de trouver une idée. On se paye une bière à un euro, et on se retrouve Plaza Reial. Là, on a papoté et beaucoup ri. D'ailleurs savez-vous qu'il était interdit de consommer de l'alcool sur un lieu public? La Guardia Urbana rôde et te fout des amendes quand elle en a envie. On buvait donc en cachette. J'avais l'impression d'avoir 14 ans. Pablin se barre (dans un bar tagadatsointsoin), et nous on l'attend... Longtemps. Au bout d'un moment Tony s'impatiente. Je lui dit qu'il est certainnement allé au Jamboree avec son entrée gratuite et qu'il a du choper des consos gratuites (il joue tous les lundis dans ce bar, il a tout à l'oeil). On se demande si on va pas partir sans lui, mais finalement il arrive (bien 25 minutes plus tard) avec une jolie fille accrochée à son bras. Cette jolie fille s'appelle Julia, et nous propose d'aller dans le bar où elle travaille (sisi, tendrais chupitos gratis) moi perso l'alcool gratuit ca m'est égal, je bois pas, mais j'ai juste envie de trouver de l'ambiance. On arrive devant le bar, rococo à souhait, on rencontre plein de gens drôles, mais finalement on fait demi tour. On va au Mariachi. C'est le bar de Manu Chao paraît-il. C'est plutôt sympa, les gens sont marrants; tout le monde rit, et on parle ciné avec Carole quand tout à coup une brune s'imisce dans notre conversation en français (Carole parle anglais mais pas espagnol, et entre nous on parlait français évidemment... Flemmardes oblige!) et nous sort « ah oui j'aurais bien voulu le voir ce film, c'est avec l'acteur qui joue dans carnets de voyages non?
Gael Garcia Bernal? Que j'demande.
Oui exactement! On m'a dit que le film était bon. Et vous faites quoi ici?
Elle est en vacances, et je cherche un boulot pour quelques mois..
Tu vas trouver sans problème ma belle. T'as une paire d'yeux incroyables, c'est comme ça que ça fonctionne ici, tu verras tu trouveras ma jolie. Sans déconner t'as des yeux de su puta madre! »
Je recartonne. Bon je préfèrerais juste qu'elle me parle un peu moins près, mais merci quand même! Derrière, un couple parle espagnol avec un sacré accent. Des franchouillards, à tous les coups. On peut pas resister, on demande et BINGO. Finalement les serveurs canons ont foutu tout le monde dehors parce qu'ils fermaient. Dans la rue on a rencontré deux nanas. Pablin leur parle rapidement, Tony un peu plus. Pablin se tourne vers moi et me dit en Espagnol qu'il peut pas les blairer ces deux-là, qu'elles se prennent vraiment pas pour de la merde. Je lui dit qu'il est hypocrite avec un sourire, il me dit qu'il ne l'est pas tant que ça, puisqu'il ne leur parle pas. Elles nous ont guidées au bar suivant. C'était pas vraiment un bar en fait. Plutôt un club. Et là c'était champi. On entrait dans une cage d'escaliers de vieil immeuble, et il y avait un vigile qui squattait là. Il nous ouvre une porte d'un appart et nous voilà en 1940, dans un quartier de Londres. Le Pipaclub est très inspiré niveau déco par l'esprit Sherlock Holmes, ambiance rétro, boiseries, et collections de pipes (pas de mauvaises blagues) accrochées au mur. Un vrai retour dans le temps. D'ailleurs il y avait un sacré décalage entre le lieu et la musique qu'ils passaient là. Une sorte de daube française que j'écoutais quand j'avais 14 ans. Bizarre. Au bout d'un moment je sais à quoi cet appart me fait penser, surtout la cage d'escaliers en fait. A Delicatessen. C'etait vraiment l'ambiance, en moins glauque quand même m'a dit Carole, et elle avait raison. On n'a pas fait long feu dans ce bar, on s'est tirés rapido. On se faisait un peu chier en fait. Et puis on a dit au revoir aux deux nanas. On a remonté les Ramblas, et Tony commençait à craquer. J'ai eu un énorme fou rire. Il disait « Take care Rafael. Your girl has been dated by sooo many women with sooooooooooooo big tits. She could change her way of love. Take care! » et il s'est mis à crier « BIG TIIIIIIIITS! HEAVY METAAAAAAAAAAAAAAAL AND ACDC MUSIIIIIIIC MAAAAN! » Au loin, deux jolis paires de fesses se tortillaient pendant que leurs propriétaires marchaient. Lui, faisait des grands mouvements avec les bras en essayant vainement d'attraper ces fondements joliment courbés, et se traînait « Oooooooh why are you so faaaaaar... My go why is life so hard with me??? Life is so cruel! QUE CULOOOOOOOOOOOOOOOO » il était complètement barré dans son trip et moi je riais tellement que j'avais peur que ma vessie ne suive plus. On est finalement arrivés a la Plaza Catalunya, et on est rentrés dans cette discotheque de merde grace à quelques flyers qu'on a récoltés sur les Ramblas. On devait rendre visite aux Cochons/vaches Suédoises. Maintenant que j'y pense c'est drôle, tout était en accord dans cette boîte de merde. La soirée s'appelait Pigs and Diamonds. Sur le flyer, une grosse tête de cochon avec des bijoux moches. J'aurais du me méfier dès le début en fait.
La perceuse s'est calmée. Je crois que je vais pouvoir dormir. A 14h 13... C'est pas trop tôt. J'ai juste envie de sous marque de chocapics... Gnaaaa.