Au final j'me rends compte que j'vis dans le passé. J'ai toujours cette tendance à me plonger dans un bouillon de souvenirs à la simple vue d'une photo, d'une image, en écoutant un son, en mangeant un truc qui m'ramène à une époque dorée, ou glauque. Bizarrement j'ai l'impression d'oublier ce qui m'a rendu triste (quand c'est loin derrière, sinon forcément... ça fait encore effet), et de toujours me focaliser sur ce qui m'a semblé être les meilleures années de ma vie. C'est pas simplement parce que quelqu'un, quelque chose me manque, c'est un tout. C'est la période en elle-même. Revenir à Barcelone ne changerait rien parce que tout y aura déjà changé. Quand j'repense à l'été d'il y a deux ans, et que je réalise que jamais je ne pourrais retrouver toutes les choses combinées au même endroit au même moment, qui ont fait de ces deux mois les plus beaux à mes yeux...Ca me fout l'cafard et la larme à l'oeil. Il y en eu, des beaux étés, où je partais en vacances, en famille ou avec ma MAM. Mais cet été-là, c'était vraiment quelque chose de particulier. J'ai appris la débrouille, j'ai du me démerder, il m'est arrivé des tuiles mais aussi de belles choses : des rencontres auxquelles je pense encore à l'heure actuelle. A commencer par la première colocation dans laquelle j'ai pu me sentir bien, entre la Gitane et le Marocain, puis la rencontre de Natasha et de tous les amis Chiliens et Polonais, les musiciens de rue, et surtout toute ma clique Mexicaine... A croire qu'on était tous destinés à se rencontrer cet été-là, les uns après les autres, pour ne pas être trop tristes lorsque les précédents s'en allaient. Dans ma mémoire, chaque petit détail compte, que ce soit un coin de rue, un bar, une boisson, une chanson, un mot, un film, un vieux canapé défoncé, une petite brise marine..

J'ai jamais été autant souriante sur des photos. C'est juste flagrant.
Tout me mène à une scène que j'ai pu vivre à cette époque, des phrases que j'ai pu entendre, des sourires que j'ai pu échanger, des âmes qui ont fini par me toucher. J'ai peur de ne plus retrouver ça, j'ai peur de ne plus être aussi heureuse qu'à l'époque, et pourtant c'est con. Parce qu'il se passera forcément des trucs, je ferai de nouvelles rencontres...Mais je crois que c'est surtout cette première fois où j'ai pu gouter à une vraie liberté, la première fois où je me suis sentie indépendante, la première fois où j'ai pu vraiment être moi-même, -bref!- ce sentiment complètement nouveau jamais éprouvé auparavant, qui me manque terriblement, et que je ne risque pas de retrouver un jour...
J'ai encore rêvé de cette fille. Elle me retourne le cerveau depuis trois jours. Celle qu'on a considérée comme une amie, celle avec qui j'ai passé des purs moments, des belles galères, des beaux fou-rires. Celle qui est partie et qui nous l'a fait à l'envers plus d'une fois. Pourtant j'arrive pas à lui en vouloir plus que ça, elle me manque, et de son côté elle doit m'avoir zappée depuis un moment. Caro aurait pas du me faire fumer sa weed. Ca m'a fait psychoter pendant 30 ans... ^^'